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Accès à la santé l’exception des pharmacies d’officine

Les règles démo-géographiques ont été introduites en 1941 puis confirmées à la Libération et amendées plusieurs fois pour remédier à de graves inégalités dans l’accès aux soins. Les ouvertures de nouvelles officines se situaient jusque là systématiquement dans les centres des agglomérations, laissant de larges zones sans approvisionnement correct en médicaments. Elles ont constitué un premier exemple en France de planification sanitaire. Certes, elles n’ont pas mis fin au suréquipement des centres urbains car elles ne remettaient pas en cause l’existence des officines déjà installées. En revanche, elles ont permis de canaliser les offres nouvelles vers les zones jusque là sous dotées. En conséquence, les pharmaciens d’officine sont aujourd’hui répartis sur le territoire de façon beaucoup plus homogènes que les autres professionnels de santé. Au niveau départemental, l’écart de densité des officines est de 1 à 2 là où pour les médecins libéraux il va de 1 à 3 et pour les laboratoires d’analyse médicale de 1 à 5. Mesurée au niveau local cette dispersion entre densités extrêmes serait encore plus accentuée. De plus, on n’observe pas chez les pharmaciens la concentration caractéristique des médecins et des laboratoires d’analyses dans les zones méridionales. Là où ont subsisté des officines très proches les unes des autres, le service pharmaceutique est dégradé car la taille réduite de la plupart ne leur permet pas d’entretenir un stock de médicaments large ni de proposer les services spécialisés complémentaires. Les conditions de travail y sont en outre plus difficiles du fait de l’effectif réduit et de l’amplitude horaire d’ouverture imposés par les réalités économiques. Comme pour d’autres équipements sanitaires, la qualité de fonctionnement voire la survie suppose une taille minimale. C’est le sens des mesures de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 destinées à rationaliser encore le maillage officinal. Dans les zones qui en en ont au moins une, le minimum de population passe de 2500 à 3500 habitants supplémentaires pour une ouverture. Dans les zones suréquipées, le regroupement est encouragé. Ces règles permettent à la population de disposer en tout point du territoire et en permanence d’un accès aux produits de santé dont elle a besoin.

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